dimanche, 16 avril 2006
obsessions
Avec son corps, lisse, épilé,
pour mes doigts qui l'effleuraient,
pour ma main qui caressait
ses rondeurs tendues,
elle n'avait que l'arrogance
de sa perfection.
J'avais gardé l'espoir
de revivre,
à la chaleur de sa grâce,
au gré d'une odeur.
Ma bouche, fébrile, suçait ses pores,
ma langue, misérable, cherchait un pli,
mes yeux scrutaient nerveusement
la fermeté froide, élastique de sa chair.
Tremblant, par trop d'attentes déçues,
je salivais de désirs violents,
la raison étouffée d'obsessions,
et ne pu contenir ma bestialité.
Egorgée par une morsure,
je la senti jaillir
contre la blancheur de mes dents.
Elle me livra d'un craquement,
étonné,
le jus sucré, délicieux,
de sa vie.
J'ai pu recouvrir ma tranquilité.
Mais d'elle ne me reste
qu'un vague relent:
le goût de la tomate bleue.

23:15 Publié dans nocturnes | Lien permanent | Commentaires (0)